Le nouveau numéro du Journal de la Mairie de Villeréal revient, page 7, sur l'histoire du Monument aux Morts et son transfert, d'une place à l'autre. Voici la version enrichie de cet article, agrémentée de photos d'archives.
Après la saignée démographique de la Grande Guerre qui fit plus d’1,4 million de morts en France (1 habitant sur 28), entre 1920 et 1925 ce sont plus de 35 000 monuments aux morts qui sortent de terre dans les villes et villages du pays, formant un véritable maillage mémoriel sur le territoire national. Au cours de la « der des ders », notre canton a perdu 208 de ses enfants, dont 45 hommes pour la seule commune de Villeréal.
De la liesse à l’hommage
Le 11 novembre 1918, Gilbert Vigerie, fils d’Arthur Vigerie, pharmacien et maire de Villeréal, se trouve aux premières loges de l’actualité. Il a alors 13 ans : « 11 h 15 : Mme Grézeau, receveuse des Postes, entre dans la pharmacie essoufflée, dépeignée, interloquée : l’Armistice est signé. 11 h 25 : Maurice Donoy (fils de Léontine) et moi montons tout en haut du clocher et carillonnons à toute volée jusqu’à épuisement pour Villeréal, Rives, Parisot, Saint-Etienne, bref tout le canton où ces ondes risquaient d’arriver, joyeuses, imprévisibles, merveilleuses. 21 h : [Arthur Vigerie] ouvrait le bal avec “La nouvelle Madelon : Adrienne Roquejoffre”. Sur l’estrade, le piston Bergougnac, la basse Boulitreau et le bugle … ? qui habitait aux Riviérettes. »
Douze jours plus tard à peine, le 23 novembre, le Conseil municipal vote un crédit de 100 francs pour illuminer et pavoiser le village, et organiser une fête patriotique « en hommage aux soldats qui ont payé de leur sang la libération du pays », et décide d’élever un monument « pour commémorer le sublime sacrifice » de « ses enfants qui ont laissé leur vie dans la tourmente ».







