Le nouveau numéro du Journal de la Mairie de Villeréal revient, page 6, sur l'histoire de la construction de l'Hôtel de Ville puis sur ses évolutions. Voici la version enrichie de cet article, agrémentée de photos d'archives.

 

En 1909, la commune acquiert une partie du terrain de l’ancien couvent des Filles de la Croix, rase les bâtiments existants et démolit les trois dernières cornières de ce côté de la place pour bâtir un nouvel « hôtel de ville et justice de paix ». Le Conseil municipal vote un crédit de 3.000 francs pour l’achat de matériaux, puis un emprunt de 13.116,10 francs pour la construction, remboursable par « une imposition de 14,16 centimes au principal des quatre contributions directes » (taxes foncière, mobilière, sur les portes et fenêtres et sur les patentes).

Au terme de deux années de travaux, en mars 1912, la mairie quitte l’étage de la Halle pour aménager dans la bâtisse flambant neuve que nous connaissons aujourd’hui (ci-contre, les maçons à l'oeuvre vers 1911). Les 225 m2 du rez-de-chaussée abritent les services municipaux : le maire (Fernand Bissière, à l’époque) a son bureau dans une petite pièce couvrant une partie de l’actuelle salle du Conseil ; celui de l’unique secrétaire de mairie (M. Le Mire, puis M. Crabié) ouvre en façade, sur la gauche (le Service urbanisme, aujourd’hui). La Mairie héberge aussi divers services publics  – dans les années 1960, on y trouve ainsi une permanence de la Mutualité sociale agricole (MSA), ou encore le Syndicat d’initiative.


Mais dès l’origine, l’espace est surtout occupé par une vaste salle de spectacle (dont l’emprise correspond à une partie du hall, de l’accueil et des bureaux de l’administration), aménagée en gradins pouvant accueillir près de 120 spectateurs, pour les nombreuses représentations théâtrales et musicales données par les troupes locales (ci-dessous, photo de la troupe de théâtre de Villeréal qui pose en costume devant la Mairie, en 1940).

Sur la droite de l’entrée, un grand escalier en bois serpente jusqu’à l’étage : c’est là que,  jusqu’à la fin des années 1960, le juge de paix tient audience. Son bureau, qui ouvre sur la terrasse latérale du Moderne, fut inauguré par Victor Delbergé, sans doute resté plus célèbre pour ses œuvres de poète-félibre que pour ses fonctions de magistrat. Mais l’essentiel des 136 mètres carrés de l’étage est destiné aux appartements du garde-champêtre, employé municipal. En 1945, le tambourinaïre n’est autre que Henri Caminade, grand-père de Jean-Jacques Caminade, qui dirige aujourd’hui les affaires de la commune depuis… l’ancienne chambre de ses grands-parents !

Le temps des changements
La salle des fêtes est démolie en 1980, pour laisser place à des bureaux plus modernes. En 1986, une équipe de tournage débarque à Villeréal pour tourner un feuilleton en 6 épisodes : Madame le Maire, avec Marthe Mercadier dans le rôle-titre. L’événement offre l’occasion au (vrai) maire, Guy Berny, de refaire la salle du Conseil, qu’il fait habiller de lambris verts. L’actrice officie quant à elle dans le bureau de l’édile, aménagé entre ce qui est aujourd’hui l’accueil et le bureau de la comptabilité.


Le grand chambardement se produit en 1991, sous l’impulsion de Guy Berny : on vide entièrement la mairie, qui déménage à l’école élémentaire le temps des travaux : deux années pour refondre intégralement l’agencement intérieur. Au rez-de-chaussée, une vaste entrée claire et aérée ; des bureaux fonctionnels et lumineux pour les services administratifs ; un véritable espace d’accueil pour le public ; une salle du Conseil agrandie… À l’étage, on aménage les bureaux du maire et des adjoints, des salles de réunion et d’archives… La Mairie a trouvé sa physionomie actuelle.

 

Remerciements à Guy Berny et tout particulièrement à Rolande Piton, mémoire vivante de la Mairie et dont l’indexage des registres des délibérations du Conseil municipal depuis le début du XXe siècle  est une inestimable source d’informations (disponible sur www.memoiredevillereal.fr).